Ophtalmologie : le choix du réutilisable pour allier performance, économie et écologie
Abandonner les packs d’instruments à usage unique en chirurgie ophtalmologique pour revenir au réutilisable : une décision structurante, à la fois écologique et économique. Claire Lavisse, pharmacien gérant, revient sur cette évolution qu’elle a portée au sein de l’Hôpital Privé de Provence.
Un modèle devenu difficilement justifiable
Jusqu’à récemment, chaque intervention nécessitait l’ouverture d’un pack contenant quatre instruments en inox, jetés immédiatement après usage. Avec près d’une dizaine de cataractes réalisées par demi-journée, le volume de déchets généré était conséquent.
« On jetait du matériel en inox de grande qualité à chaque intervention. À un moment donné, cela n’avait plus de sens », explique Claire Lavisse.
Le coût annuel faisait de ces packs l’une des lignes budgétaires les plus importantes du bloc ophtalmologique.
« C’était à la fois une grosse dépense et une pratique peu cohérente avec nos engagements environnementaux. »
Un investissement raisonné pour un gain durable
Le passage au réutilisable a nécessité un investissement initial afin de constituer un parc suffisant d’instruments et de boîtes, avec un stock tampon pour sécuriser l’activité et anticiper toute détérioration.
À long terme, la maintenance et le remplacement ponctuel du matériel restent bien plus économiques que l’achat annuel de dispositifs à usage unique.
« Financièrement et écologiquement, il n’y a pas photo », résume-t-elle.
Une transition préparée et sécurisée
La démarche a été anticipée avec les ophtalmologistes : présentation de plusieurs gammes d’instruments, essais, choix collectif du matériel. Les équipes du bloc ont été formées au nouveau circuit de traitement : pré-désinfection en salle, lavage, stérilisation en autoclave, reconditionnement et retour en arsenal.
La bascule complète vers le réutilisable a été effective en avril, après écoulement des stocks existants. Depuis, aucun retour négatif des équipes.
Une évolution concrète qui illustre une dynamique simple : agir là où il est possible de réduire l’impact environnemental, sans compromis sur la qualité des soins.
